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Le faste de Versailles s’invite à Agen pour une exposition lumineuse

Grand soleil artistique hivernal, jusqu’au 8 mars, avec " Lumières françaises. de la cour de Versailles à Agen", labellisée « exposition d’intérêt national »

Par admin3599 8 janvier 2026 4 min de lecture

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Grand soleil artistique hivernal à Agen, jusqu’au 8 mars, avec  » Lumières françaises. de la cour de Versailles à Agen », exposition labellisée « exposition d’intérêt national », logée dans l’église des Jacobins.

Pour plonger dans le siècle des Lumières, quoi de mieux qu’une exposition lumineuse ? Pas grand-chose, est-il tentant de répondre en ressortant de celle concoctée par le musée des Beaux-Arts d’Agen.

Il faut dire que « Lumières françaises. De la cour de Versailles à Agen » propose une voie royale vers le tourbillonnant XVIIIe siècle avec près de 270 œuvres exposées. Certaines proviennent de prêts exceptionnels, notamment du château de Versailles, qui a accompagné la réalisation de cette exposition, mais aussi du musée du Louvre, de la Bibliothèque nationale de France, et d’une vingtaine d’institutions publiques et de prêteurs privés.

Le tout forme un magnifique corpus de livres, gouaches, peintures, sculptures, faïences, mobilier, habits… qui a logiquement reçu le label  « exposition d’intérêt national ».

Transformation de la société

Pour comprendre au mieux cette période de profonds bouleversements, le choix a été fait, dans la scénographie, d’accueillir les visiteurs par un sas offrant certaines clés de lecture de cette période. On y trouve une frise chronologique numérique, mais aussi des ouvrages de l’époque comme De l’esprit des lois, œuvre majeure d’un certain Montesquieu, publiée en 1748.

Ce préambule introduit également une famille et un personnage qui serviront de fil rouge au parcours : la famille d’Aiguillon et, en particulier, Emmanuel-Armand de Vignerot (1720-1788), qui hérite du titre de duc d’Aiguillon en 1750.

Figure centrale à la cour de Versailles, sous le règne de Louis XV (1710-1774), il est contraint à l’exil par Marie-Antoinette et Louis XVI (1754-1793). Son bannissement forcé en Agenais  entre en résonance avec le bouillonnement régional d’un territoire, où la parole et la pensée des philosophes commencent à imprégner et transformer la société.

Trésors et collection familiale

Cette mise en bouche attise une curiosité rapidement rassasiée au fil des multiples pavillons construits à l’intérieur de la nef de la polychromique église des Jacobins, seul vestige de l’important couvent des Dominicains, fondé en 1249 dans la ville.

La scénographie pavillonnaire présente de nombreux avantages. En cloisonnant les espaces, elle rythme le parcours de cette manifestation thématique et assure un meilleur contrôle des conditions de conservation des œuvres, beaucoup ont d’ailleurs été restaurées avant l’exposition. Ces séparations évitent également toute concurrence visuelle entre le lieu — classé au titre des monuments historiques depuis 1904 — et les trésors exposés.

Un exemple parmi tant d’autres : Le Buste d’Alexandre le Grand de François Girardon. Cette merveille datant de 1684 associe marbre Levanto, porphyre et bronze doré avec une finesse d’exécution éblouissante. Ayant appartenu à la première duchesse d’Aiguillon, cette sculpture côtoie, dans le premier pavillon, d’autres pièces issues de l’impressionnante collection familiale, ici partiellement reconstituée.

Vie de château

Parmi elles, une personnalité bien connue des Agenais et des Agenaises : Madame du Barry en Flore, éclatante toile de François-Hubert Drouais représentant la favorite du roi Louis XV et soutien du duc d’Aiguillon. Une femme qui aimait se faire représenter afin de diffuser son image — et son influence. En résulte une ribambelle de tableaux, mais aussi des bustes sculptés, à l’image de ce délicat Madame du Barry en marbre d’Augustin Pajou, prêté par le musée du Louvre.

Entrelacs d’histoire familiale, régionale et nationale, l’exposition se veut totale. En exil au château d’Aiguillon, le duc emporte avec lui une partie des fastes de Versailles. Cette vie de château se matérialise à travers le mobilier, mais aussi une faïencerie raffinée, avec notamment des éléments en porcelaine provenant de la manufacture royale de Sèvres, ou encore des tenues à la dernière mode. Autant d’éléments à contempler au fil de la visite, tandis que résonne en arrière-plan une musique aujourd’hui qualifiée de classique. Mélomane averti, le duc hébergeait d’ailleurs des musiciens dans son château pour être sûr de toujours avoir la bonne note !

Dispositifs interactifs

Misant sur l’harmonie, l’exposition propose également une vision complète de la modernisation de l’Agenais à cette époque, à travers un film captivant mais aussi des objets du quotidien. Une tablette interactive permet en outre de visualiser les monuments d’Agen et de la région datant de cette période.

D’autres dispositifs interactifs méritent d’être soulignés. Comment ne pas sourire devant les tableaux sonores donnant vie à quatre peintures de l’exposition grâce au travail d’un sound designer et aux histoires imaginées et racontées par les élèves de l’internat du collège Joseph-Chaumié ? Autre réjouissance numérique : un écran permettant de zoomer quasiment à l’infini pour découvrir, grâce à la technologie du gigapixel, les moindres détails des gouaches des deux Vues du château de Veretz d’Henri-Joseph Van Blarenberghe (1741-1826), réalisées en 1771. Autant d’éléments remarquables qui maintiendront une lumière artistique vive cet hiver à Agen, quelle que soit la météo.

Guillaume Fournier

Informations pratiques

« Lumières françaises. De la cour de Versailles à Agen »,
jusqu’au dimanche 8 mars,
Église des Jacobins, Agen (47).

Infos pratiques

Quand
Du 8 janv. au 8 mars
Où
Église des Jacobins, Agen (47)
Combien
Voir le site de l’organisateur

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