INTERSTICES
« À BAS BRUIT » Jusqu’au samedi 14 novembre, La Visitation, centre culturel de la Ville de Périgueux, accueille le travail de la plasticienne Clémence Arnold.
« Qu’est-ce que le cerveau humain, sinon un palimpseste immense et naturel ? […] Des couches innombrables d’idées, d’images, de sentiments sont tombées successivement sur votre cerveau, aussi doucement que la lumière. Il a semblé que chacune ensevelissait la précédente. Mais aucune en réalité n’a péri. »
Charles Baudelaire, Les Paradis artificiels, 1860.
Sélectionnée dans le cadre de l’appel à projets lancé auprès d’artistes nationaux, Clémence Arnold a séduit le jury par la poésie de son travail et l’immersion narrative que ce dernier sous-tend. Formée en arts plastiques à l’École des Arts de la Sorbonne, dont elle obtient un master en 2019, elle développe parallèlement sa pratique de la peinture dans un des ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Depuis, son travail a été montré dans plusieurs expositions à Paris et à l’étranger.
Un souvenir, une sensation persistante voire une scène aperçue dans un film lui suffisent pour déclencher un processus pictural qui relève autant de la réminiscence que de la fiction. Pour autant, ses œuvres ne racontent jamais un récit précis, cherchant plutôt à donner forme à un trouble. Issue de mémoires enfouies, sa recherche plastique explore la frontière où l’image vacille entre apparition et disparition…
C’est dans cette perspective qu’« À bas bruit », conçue pour La Visitation, prend tout son sens. L’artiste investit deux espaces distincts du centre culturel périgourdin qui dialoguent entre eux. Dans la chapelle, une douzaine d’huiles sur bois ainsi qu’une toile de grand format — réalisées spécialement pour l’occasion — se déploient autour d’une fresque murale recouvrant deux cimaises. L’architecture du lieu — ses volumes, ses élévations, sa mémoire spirituelle — agit ici comme une caisse de résonance. Dans cet endroit jadis consacré à la prière et à l’idée de salut, les œuvres entrent en dialogue avec des images de basculement, de débordement et de disparition. Mais il ne s’agit pas d’en donner une lecture univoque ; les peintures se veulent volontairement ouvertes à l’interprétation.
La salle d’exposition, elle, rassemble des toiles plus anciennes qui font apparaître, en filigrane, certaines préoccupations déjà présentes dans les travaux de l’artiste : la mémoire, la menace, le pressentiment d’un événement latent. L’ensemble composant moins un récit qu’un champ de correspondances, où différentes temporalités de la peinture se répondent.
Dans cet entrelacement d’images et de sensations confuses, la peinture devient un lieu où se refait l’histoire et où l’imaginaire se déploie. Quelque chose y affleure sans jamais se donner entièrement, comme un mouvement souterrain qui continue d’agir, à bas bruit…
La Rédaction


Informations pratiques
« À bas bruit », Clémence Arnold
Jusqu’au samedi 14 novembre.
La Visitation − centre culturel, Périgueux (24).
Infos pratiques
- Quand
- Du 16 oct. au 14 nov.
- Où
- La Visitation − centre culturel, Périgueux (24)
- Combien
- Voir le site de l’organisateur




