DANS LES GALERIES
TENSIONS Après deux expositions collectives — « À Propos » (2021), puis « Caractères » (2025) —, Estelle Deschamp revient seule à la galerie LMR avec une nouvelle série, pensée pour l’espace de la galerie, à laquelle s’ajoutent quelques pièces plus anciennes. Née en 1984,…
TENSIONS
Après deux expositions collectives — « À Propos » (2021), puis « Caractères » (2025) —, Estelle Deschamp revient seule à la galerie LMR avec une nouvelle série, pensée pour l’espace de la galerie, à laquelle s’ajoutent quelques pièces plus anciennes. Née en 1984, à Annecy, elle vit et travaille entre Bordeaux et Angoulême. Formée à l’École des Beaux-Arts d’Angoulême et à la Haute École des Arts du Rhin à Strasbourg, elle expose depuis une quinzaine d’années. L’ambiance qu’elle a imaginée et construite pour « Substance crépuscule » n’est pas sans évoquer le « bricoleur » de Lévi-Strauss. Celui qui, contrairement à l’ingénieur, ne part pas d’un plan mais pioche dans un stock hétéroclite, et invente avec ce qu’il a sous la main. Estelle Deschamp en propose une version très concrète et contemporaine. Elle prélève sur les chantiers, dans les matériaux de construction et les fait basculer ailleurs. Au cœur, et à côté de cet univers de chantier, un autre monde s’installe, fait d’entités en terre cuite, de flaques de matière qui semblent avoir coulé plutôt qu’avoir été façonnées, et d’un éclairage fluo dont la lumière n’appartient plus vraiment au néon du bâtiment. Ce qui frappe dans cette proposition, c’est qu’elle ne choisit pas entre les deux logiques, le fonctionnel et le rituel, le construit et l’informe. Elle les tient ensemble. Et, de ce maintien naît la tension.
EXPLORATIONS
Initié en 2019 au sein du Collectif ACTE par Julie Monnet et Benoit Pierre, rejoint par deux autres artistes Kristina Depaulis et Evelise Millet ainsi que les historiens d’art Patrick de Haas, Marion Le Torrivellec et récemment Daniel Cluzet, Recto/Verso est un projet de recherche nomade à géométrie variable. Il invite les chercheurs qui y participent à un ensemble d’investigations sur les relations établies entre les deux côtés d’une même chose et leur interface, dans toutes leurs potentialités plastiques et conceptuelles. Déjà soutenu lors d’un temps de résidence en 2022, ce projet s’inscrit particulièrement dans les enjeux de croisements entre « l’ici et l’ailleurs » soutenus par Lavitrine 2.0. Baptiste Croze, Anne Houel, Alix Boillot et Ismaïl Bahri proposent des œuvres tendues vers le monde explorant, dans un registre poétique ou littéral, les éclats ébréchés de la mondialisation. L’idée de formes de franchissement agit ici en dialogue, en appel, en attente, en friction, en effondrement et, parfois, en obstruction. Le passage est porté par les œuvres au cœur d’un maillage contemporain éclaté dont la traversée résonne profondément avec notre situation actuelle.
Samedi 10 octobre, 18h, soirée événement autour du laboratoire Recto/Verso avec Marion Le Torrivellec, Benoit Pierre, Julie Monnet, Evelise Millet, Kristina Depaulis.
DUALITÉ
« Entrer dans l’art de Cihan Çakmak, c’est se regarder soi-même en train de regarder. Ses photographies ne sont pas de simples reproductions, mais des espaces dans lesquels l’imaginaire et le réel s’entrelacent de manière indissoluble. Elles sont soigneusement mises en scène tout en donnant l’impression d’être des moments apparus par hasard — comme si des images intérieures avaient fait irruption vers l’extérieur. Sans que nous sachions pourquoi. Sans que nous sachions ce qui préoccupait l’artiste à ce moment-là. De cette manière, Çakmak ne met pas seulement en jeu les corps, mais aussi les projections culturelles, les désirs et les attentes : quelles images naissent d’une impulsion intérieure qui nous est propre, et lesquelles proviennent d’un regard appris ? Et que faisons-nous, en tant que spectateurs, de ces images ? Çakmak rend ainsi visibles des états intérieurs, des ambivalences et des luttes. Non pas comme une confession, mais comme un mouvement — comme une manière tâtonnante de se regarder soi-même. Son art semble toujours penser la vulnérabilité, mais tout autant la résistance. » Şeyda Kurt.






Informations pratiques
« Substance crépuscule », Estelle Deschamp
Jusqu’au samedi 24 octobre.
Galerie LMR, Bordeaux (33).
« Recto/Verso exposition vol.1 »
Jusqu’au samedi 14 novembre.
Lavitrine 2.0, Limoges (87).
« ce n’est pas moi », Cihan Çakmak
Jusqu’au mardi 17 novembre.
Achtung Kultur!, Bordeaux (33).
Infos pratiques
« Substance crépuscule », Estelle Deschamp
- Quand
- Du 6 oct. au 24 oct.
- Où
- Galerie LMR, Bordeaux (33)
- Combien
- Voir le site de l’organisateur
« Recto/Verso exposition vol.1 »
- Quand
- Du 6 oct. au 14 nov.
- Où
- Lavitrine 2.0, Limoges (87)
- Combien
- Voir le site de l’organisateur
« ce n’est pas moi », Cihan Çakmak
- Quand
- Du 6 oct. au 17 nov.
- Où
- Achtung Kultur!, Bordeaux (33)
- Combien
- Voir le site de l’organisateur




