MAXIMUS SUPERBUS
La formation menée par Jennifer Ayache revient avec OK KO, septième album en près de 30 ans de carrière. Avant les retrouvailles, le 9 décembre, sur la scène de l’Arkea Arena de Floirac, entretien sans nostalgie.
La scène, est-ce l’aboutissement ou un moment à part ?
Indéniablement, un aboutissement. Superbus est avant tout un groupe de scène. Jouer après des mois en studio constitue un moment très important.
D’ailleurs, plutôt studio ou scène ?
Le studio, c’est le moment dédié à la création. OK KO, notre dernier album a connu un processus très long avant d’aboutir entre les impératifs des tournées, la pandémie… Il fallait trouver le bon concept, du moins le plus juste. En outre, nous souhaitions renouer avec nos premières amours, retrouver le groupe rock des débuts ; cette dimension organique tellement humaine.
7 albums en 27 ans, c’est peu ou une carrière plutôt bien remplie ?
Plutôt pas mal si l’on se base sur de cycle de 2 ans de conception puis 2 ans de promotion et de tournées. Toutefois, on est du genre à proposer quelque chose quand on le sent. Nos maisons de disques ont bien compris que Superbus ne publiera un album que quand viendra le temps de le publier. Nous avons besoin de digérer les expériences, de trouver de nouvelles idées, de nous réinventer.
OK KO, comment faut-il lire ce titre ?
À l’origine, 4 lettres trouvées comme ça, à la volée. J’ai toujours adoré jouer avec les mots, la chanson, elle, est arrivé par la suite. C’est un constat sur un monde chaotique, dans lequel on peut franchement se sentir déboussolé, mais arrive forcément un moment positif, où l’on retrouve une lumière salutaire. OK KO résume bien ces 10 dernières années avec une porte de sortie. Et, au passage, cela m’a permis d’apprendre le mot palindrome !
Pensiez-vous, en 1999, parvenir à une telle longévité ?
Loin de là ! La musique était une passion adolescente, un hobby. Je m’amusais avec mon groupe et j’étais à mille lieux d’imaginer une telle longévité…

Qu’écoutez-vous et quels artistes vous inspirent ?
J’ai conservé une curiosité intacte pour la musique. Aujourd’hui, elle est disponible partout, tout le temps, c’est vertigineux. Néanmoins, je suis sensible à mes premiers émois — The Cure, Nirvana, Madness, No Doubt — que j’écoute encore. Récemment, je suis tombée dans Fontaines D.C. C’est fou de se dire que cette jeune formation a déjà tout du groupe culte avec des hymnes taillés pour les stades. De même, nous avons une nouvelle génération française d’interprètes surdouée comme Zaho de Sagazan, TeddyBear ou Sam Sauvage. Néanmoins, je confesse un attachement sans borne à mes chansons doudous, celles qui me réconfortent.
Quelle place occupez-vous dans le paysage musical français ?
Compliqué… Superbus a occupé une place primordiale dans le cœur d’adolescents. Nous avons accompagné toute une génération qui passe le relais à ses enfants et je trouve cette transmission géniale, cela me touche profondément. Désormais, notre public est hyper large. Ce qui est fou quand on repense à nos débuts dans des festivals punk rock…
Superbus, c’est Jennifer et les garçons ou une vraie démocratie ?
Par essence, la vie de groupe est très compliquée entre égos, avis et envies divergentes. Toutefois, nous avons su apprendre énormément les uns des autres. Cependant, la touche « féminine » de Superbus est indéniable. Notre « équipe » est soudée, la preuve, on y arrive encore après 27 ans. C’est un mariage à 5 qui tient car nous travaillons pas mal à distance, nous échangeons beaucoup avant de franchir la porte du studio. Chacun se greffe sur mes démos, c’est hyper fluide. Nous réfléchissons soigneusement sur ce qu’il doit réellement se passer au sein de Superbus.
Vous avez publié récemment un titre en solitaire ; une respiration nécessaire ?
Gérer un groupe, c’est complexe, aussi, prends-je l’air à mon rythme. Je fais des reprises de titres des années 1990 et 2000 car ça me correspond. Je les garde précieusement dans ma chambre avant d’en sortir quelques-unes en version française qui parleront aux Millenials et, qui sait, à d’autres générations…
Qu’est-ce qui a fondamentalement changé dans votre métier depuis vos débuts ?
La manière de faire de la musique grâce aux machines, au numérique, à l’IA dorénavant. Tout est plus facile. Sur le papier, cette démocratisation est géniale, mais c’est un tout autre métier. Le flux des sorties hebdomadaires est infini. Superbus est un groupe de rock, faire notre pub sur les réseaux sociaux, ce n’est pas vraiment notre ADN. Aujourd’hui, Superbus n’aurait pas le même impact, la même trajectoire tant c’est hyper dur de savoir se démarquer. Il faut pousser très loin le concept et avoir une identité extrêmement affirmée…
S’il fallait recommencer, que changeriez-vous dans votre parcours ?
Pas grand-chose. Nous avons reçu des propositions de contrats incroyables, notamment de Will.I.Am des Black Eyed Peas, et, au bout du compte, nous avons décliné. Sans regret.
Toujours fan de Weezer ?
Ha oui ! À fond. Immense respect
OK KO (Warner Music France)
Informations pratiques
Superbus + Web
Mercredi 9 décembre, 20h.
Arkea Arena, Floirac (33).
Infos pratiques
- Quand
- 9 déc., 20 h
- Où
- Arkea Arena, Floirac (33)
- Combien
- Voir le site de l’organisateur




