La pléthorique deuxième édition du mois de la photo se déroule à Bordeaux avec une programmation envahissant la ville jusqu’au vertige.

Après une première édition 2024 forcément imparfaite, le Mois de la photo, à l’initiative de la Ville de Bordeaux (dans le secret espoir de damer le pion à la Ville de Mérignac ?), revient ce printemps, tous muscles bandés, à la faveur d’un (très) long parcours alliant dans le même élan institutions culturelles, galeries, espace public et lieux de vie. On devine aisément le but, noble, d’aller au contact du public tout en soulignant l’apparente vitalité du médium, porté à bout de bras par une poignée de collectifs et autres associations.

Il serait vain de se lancer dans un recensement exhaustif des propositions ; après tout, libre à chacun d’aller ou non à la rencontre ou de se concocter sur mesure son programme. Pour autant, quelques repérages, au hasard Balthazar.

Symbole « d’inclusivité et de mobilité durable »

Ainsi LesAssociés investissent le pont Simone-Veil avec « DES/CONNEXIONS » présentant les travaux d’Angelo Leonardo (Buono come il pane), d’Hugo Weber (The Angels of Nazareth), et de Giovanni de Mojana & Benedetta Gavazzi (Khatoon). L’ouvrage, voulu comme symbole « d’inclusivité et de mobilité durable » et incarnant la volonté de créer des espaces publics dynamiques, devient ainsi lieu d’exposition destiné à tous — piétons, cyclistes, automobilistes, usagers des transports en commun —, avec une scénographie adaptée à chaque mode de déplacement. Des troubles mentaux des ados italiens au sort des déplacés en Ukraine, en passant par la condition des Pakistanaises, pas vraiment la marrade, mais du sociétal, brutal à souhait.

Tout aussi léger — saurait-il en être autrement dans un monde un peu plus laid et désespérant chaque jour que Dieu fait ? —, l’association Ici&Là // Quatrième Ligne, notamment connue pour son engagement en faveur de l’éducation aux médias, se déploie sur force sites (Base sous-marine, pont de pierre, Maison de l’Europe, et le Campus de la Victoire).

Au menu ? La pollution au mercure dans les îles Féroé (Lucas Frayssinet, Génération(s) Mercure), les plongeurs de la corniche Kennedy à Marseille (Marine Danaux, Corniche rebelle), le patrimoine de Palmyre et le cheval arabe (Nicolas T. Camoisson, Palmyre, oubliée), l’explosion du port de Beyrouth en 2020 et ses impacts (Michel Tabet, Habiter Beyrouth).

« Être 20 ans »

L’espoir se niche-t-il dans les rêves de la jeunesse ? La réponse se trouve peut-être dans « Être 20 ans », à l’initiative de Cdanslaboite, qui, associé à deux galeries bordelaises (Galerie MLS et la galerie BAG) et 70 commerces en ville, dévoile le regard porté par Divergence Images, la plateforme indépendante des photographes indépendants, sur une génération tout sauf uniforme.

« À rebours de la logique médiatique, cette exposition dévoile des visages, des histoires, des parcours divers : des jeunes issus de territoires variés, de classes sociales contrastées, avec des aspirations parfois incompatibles et des convictions politiques divergentes. » Selon les mots de Salomé Saqué, extraits de la préface du livre Être 20 ans. Allez, haut les cœurs.

Marc A. Bertin

Informations pratiques

Mois de la photo,
Bordeaux (33).