BØL, Derrière ce nom qui fleure autant le dadaïsme que le métal scandinave, six Toulousains amoureux de jazz déroulent une transe polymorphe et brûlante. Petit déjeuner servi à Angoulême et Agen.

Nous sommes le 26 juillet 2024, la chaleur de l’été gersois fait transpirer les murs de l’Astrada, à Marciac. Sur scène, six jeunes hommes vêtus de noir se saisissent de leurs instruments, un bourdonnement cuivré s’échappe d’un mellophone, sorte de trompette au large pavillon. L’ambiance se fait moite, la tension monte, les musiciens se concentrent, ne font qu’un avec le rythme, le son gonfle jusqu’au drop technoïde, musclé et entièrement instrumental…

BØL happe le public

En quelques minutes, BØL happe le public et impose son style, unique, hypnotique, nourri d’influences variées, parfaitement résumé par le groupe lui-même : « transe rock x turbo jazz ». Du jazz, il y en a incontestablement, dans ce sextuor aux deux cuivres fan de Leïla Martial et John Zorn. Pourtant, comme souvent avec la nouvelle scène, on est bien en mal d’étiqueter cette formation toulousaine (et c’est tant mieux) qui pourrait aussi bien attirer les aficionados de metal, de trance Goa que de prog rock.

À l’aise avec le grand écart, les six jeunes hommes citent aussi bien Tool que le minimalisme de Steve Reich ou la mélancolie de Radiohead. Une curiosité (dans tous les sens du terme) exploitée avec malice et intensité, qui leur a valu de remporter le 46e Concours national de jazz de La Défense.

On comprend cette récompense, tant il est jouissif de les voir sur scène sauter d’un beat techno à une épopée free jazz, le tout lié par un riff tout en distorsion, comme si les Montois de La Jungle se lançaient dans un hommage à Magma. Seule constante dans cette lave polymorphe et brûlante : l’amour de la transe. Et rien de mieux que l’expérience live pour la vivre…

Benjamin Brunet

Informations pratiques

BØL + Arhkan,
vendredi 4 avril, 20h30,
La Nef, Angoulême (16).

BØL + Dalida Carnage + Harpes Sauvages,
samedi 19 avril, 20h30,
Le Florida, Agen (47).