Musical Écran, le festival dédié au documentaire musical revient à Bordeaux
Du mercredi 4 au dimanche 15 novembre, pour qui ne vit qu’au rythme des documentaires musicaux, le festival bordelais Musical Écran revient dilater vos pupilles et vos esgourdes !
35 séances, 9 jours de projection, 6 lieux en ville, un triptyque consacré à Philippe Katerine, des légendes (The Jam, Miles Davis, Keith Jarrett, Marianne Faithfull, Jeff Buckley, Cerrone) et du culte (The Cramps, The Shaggs, Carnival of Souls)… nul doute permis, Musical Écran, le festival dédié au documentaire musical revient à Bordeaux à la faveur de sa 12édition. Et parce que face à l’abondance, il faut savoir opérer des choix aussi subjectifs que judicieux, JUNKPAGE, jamais bégueule, vous présente son tiercé tout sauf placé.

Northern Soul : Still Burning

Le Silence du musicien

Rough Trade : L’autre histoire du rock anglais
Rough Trade : L’autre histoire du rock anglais
Étiquette mythique s’il en est au panthéon des structures indépendantes britanniques, Rough Trade, à l’origine un magasin de disques londonien, fondé en 1976, à Ladbroke Grove (royal borough de Kensington et Chelsea), par Geoff Travis, est un presque quinquagénaire, né en 1978 dans le bouillonnement punk, ayant aussi bien accueilli Stiff Little Fingers que Scritti Politi, Cabaret Voltaire que The Monochrome Set, Augustus Pablo que The Swell Maps, financé le premier 45T de Métal Urbain et cofondé le réseau de distribution The Cartel.
Toutefois, avec la signature de The Smiths, en 1983, Rough Trade accède à une nouvelle dimension et une reconnaissance internationale. Depuis, le catalogue provoque le vertige : Adam Green, Arcade Fire, Baxter Dury, Belle and Sebastian, Black Midi, Cornershop, Galaxie 500, Girl Band, Jeffrey Lewis, Mazzy Star, Pulp, The Raincoats, Sufjan Stevens, The Fall, The Kills, The Mody Peaches, Sleaford Mods, The Strokes, The Sundays, Warpaint ou Young Marble Giants pour ne citer qu’eux… Véritable phénix s’étant relevé d’une faillite, Rough Trade incarne non seulement une certaine idée de l’indépendance, mais aussi une mémoire vive de la musique. Séance en présence du réalisateur Philippe Roure, auteur de documentaires sur Marvel, Christopher Reeves, ou le magazine masculin de charme Lui.
- Rough Trade : L’autre histoire du rock anglais (Philippe Roure, FR, 2026, 52 min, VOSTFR). Dimanche 8 novembre 21h50 Théâtre Molière, Bordeaux.
Le Silence du musicien
Figure de la scène expérimentale française, Thomas Bonvalet explore depuis plus de 20 ans, avec son projet solo L’ocelle mare, les possibilités d’une musique impliquant tout le corps et échappant à toute tentative de classification. Le Silence du musicien le suit en tournée sur les routes d’Europe, et l’accompagne dans la fabrication de son nouvel album, enregistré dans une cabane au creux des bois. Mais tandis qu’une nouvelle tournée se prépare, l’hyperacousie le terrasse. Forcé de se protéger des sons qui le blessent, il doit maintenant faire face à la solitude et au silence.
Maladie du travail, à force de tournées, l’oreille s’est épuisée. Le moindre bruit est devenu douleur. Douleur insupportable. La caméra de Stéphanie Régnier, délicate et pudique, le suit au plus près. Prend son temps. L’étire. Écoute le silence se faire autour du musicien. Que devenir alors quand on est puni par son destin ? Quand le silence entre les notes les a finalement vaincues, submergées ? Le portrait intimiste et sensoriel d’un artiste empêché, déterminé à jouer à nouveau, un jour. Séance en présence de la réalisatrice Stéphanie Régnier, autrice du remarqué Kelly (2013).
- Le Silence du musicien (Stéphanie Régnier, FR, 2025, 77 min). Vendredi 13 novembre 17h La MECA – Auditorium ALCA.
Northern Soul : Still Burning
Pour les Froggies, la northern soul n’évoque pas grand-chose à moins d’avoir été en séjour linguistique dans les Midlands et le nord de l’Angleterre au début des années 1970… Au pays du Roi Charles III, ce n’est pas la même limonade (celle que l’on verse à part égale avec une lager pour se rafraîchir dès que la température dépasse les 18 degrés sous le soleil.
Phénomène fascinant par son caractère insulaire, cette scène, dont les épicentres furent le Blackpool Mecca et le Wigan Casino, a uni comme rarement une jeunesse ivre de liberté, de danse, d’alcool, d’amphétamines, ponçant jusqu’à l’évanouissement les parquets désuets pour s’étourdir et oublier le temps d’une nuit l’effondrement du pays.
Plus étonnant, la northern soul fut aussi la célébration des outsiders de la soul et du r’n’b nord-américains, des poignées de 45T promis à l’oubli dès leurs publications sur de modestes labels, mais repéchés par des DJS (Russ Winstanley, Ian Levine) qui en feront la bande son de toute une génération. « La première chose qui me vient à l’esprit, c’est que la northern soul est, à ma connaissance, le seul genre musical qui n’a pas été créé par les musiciens et les producteurs, mais par les auditeurs », affirmait avec pertinence Bertrand Burgalat. Alors, envie de (re)découvrir la plus belle de toutes les culture club ?
Séance introduite par notre confrère de Sud Ouest, Christophe Loubès, le Charlie Mingus saintongeais.
- Northern Soul : Still Burning (Alan Byron, UK, 2026, 90 min, VOSTFR) Dimanche 15 novembre 18 h Megarama, Bordeaux.
Musical Écran
Du 4 au 15 novembre, Bordeaux







